Vicnent (.|)

Statistiques Ethniques

Quand la politique prend le pas sur la Science, pour des raisons morales, hypocrite et douteuses... Beurk.

En trois points. Parce que je pense profondément que connaitre permet de comprendre. Et comprendre, c'est progresser et se donner les moyens d'agir sur les causes.

Vous êtes priés de commenter constructivement, et après avoir tout lu.

(Ajout : d'une part, le traité d'Amsterdam, signé en 2000, reconnait lui, la notion d'ethnie (sans pour autant préciser ce que c'est...). Ça ne change évidemment rien au raisonnement. - D'autre part, Telos-EU abonde dans mon sens avec un argument proche)

(Ajout : Quand Éconoclaste demande à Me Éolas d'arrêter de se prendre pour un scientifique...)

À lire d'abord, ce qu'en a écrit Me Éolas...

1/ Ceci. (Me Éolas explique, du point de vue juridique, par quels motifs le conseil constitutionnel retoque l'amendement n°55 de Mr Marianni sur les statistiques ethniques dans le cadre de la loi Hortefeux.)

2/ Ce commentaire :

En quoi faire des statistiques (anonymes qui plus est) crée des inégalités ?

la réponse d'Éolas, pleine de bon sens (et de candeur ?) :

On a appris il y a 65 ans que faire de telles statistiques était la première étape avant d'en tirer des conséquences. La décision qui a alors été prise a été de faire de ce critère un critère non pertinent. Quitte à ce qu'on ne puisse plus faire de jolies statistiques. Et Monsieur Mariani n'étant pas réputé pour son amour des statistiques, et que cette proposition venait de lui, je me dis qu'il n'est pas plus mal que cette interdiction soit maintenue.

3/ Ce que j'en dis

On a appris il y a 65 ans que faire de telles statistiques était la première étape avant d'en tirer des conséquences. La décision qui a alors été prise a été de faire de ce critère un critère non pertinent.

Ou comment, P => Q devient non(P) => non(Q). Boole doit se retourner dans sa tombe. Pour éviter de faire trop intello, vous dites "stats => tirage de conséquence" et vous indiquez : ne pas faire de stats => on ne tira pas de conséquences. Ah bon ? et les racistes, par exemple (les trucs du genre : j'aime pas les arabes), vous croyez qu'ils les ont attendues vos stats ???

Le pire, c'est que l'inverse ne tient même as la route : on a appris il y a 62 ans que la bombe atomique pouvait faire à Hiroshima (広島) 70 000 morts en moins de temps qu'il n'a fallu pour le dire : devant un tel massacre, la France, par la voix du général de Gaulle s'est empressé de dire : "Plus jamais, et la France, en tête, n'aura jamais la bombe atomique !!!!!" (pour info, à cette époque, la guerre faisait 1 000 000 de morts par mois... ie 1 par seconde de conflit de jour)

Bref, comment faire reconnaitre à l'État son incompétence totale à gérer des problèmes : on avait là enfin un outil sociologique de première importance, et quoi ? Un malade l'a mal utilisé il y a 65 ans alors surtout, ne prenons pas de leçon et fermons définitivement la porte... (et notre gueule)

(Dans la même veine, quid des thérapies géniques, quid de l'intelligence artificielle, etc etc...)

Franchement, que ce soit de vous et de l'État, j'en rigolerais de bon coeur si ce n'était pas aussi grave comme sujet et grotesque, intellectuellement, comme conclusion.

C'est franchement amusant également pour la raison suivante : la constitution de 1958, dans son premier article dit la chose suivante :

Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion.

Cela signifie donc deux choses : la première est que la république française reconnait donc les notions d'origine, de race (et ça, faudra quand même qu'on me l'explique) et de religion (et c'est quoi une religion au fait ?). D'une part, elle ne les définit pas, d'autre part, elle reconnait là que ce sont des indicateurs pertinents puisqu'elle interdit de faire des choix qui soient fonctions de ces indicateurs.

La deuxième, c'est qu'elle ne reconnait pas la notion d'ethnie.

À partir de là, je ne vois pas comment un pays peut progresser en reconnaissant d'une part qu'il existe des discriminations (la Halde, elle a été créée pour ça, non ?) fonctions d'indicateurs qu'elle ne définit pas mais dont elle refuse l'étude, étude qu'elle refuse à d'autres indicateurs dont elle ne reconnait pas à priori l'existence (la notion d'ethnie) d'autre part.

Un des principes (au sens de composante) du progrès, au sens large, est la Connaissance. En effet, il me semble bien que chez les civilisés, la transmission de la connaissance a une place importante. En témoigne le ministère régalien de l'éducation nationale d'une part, et le fait, que chez tous les dictateurs, les trois premières choses que l'on fait, ce sont a) tuer l'opposition, 2) faire taire les intellectuels 3) bruler les livres.

Et à partir du moment où l'on refuse de progresser, il me semble que l'on régresse. (Les pinailleurs pourront toujours dire que l'on peut aussi faire du surplace. Argument fallacieux s'il en est contre lequel je dirais simplement que si les autres avancent alors que nous faisons du surplace, nous régressons).

Ensuite, je relaie.

Cher-e-s collègues,

Vous avez dû voir dans les médias la polémique lancée par SOS Racisme contre une enquête préparée par l'INED et l'INSEE (fichepasmonpote.com). Cette enquête intitulée « Trajectoires et Origines, enquête sur la diversité des populations en France » porte sur les thématiques de l’intégration (définie comme modalités de mobilisation des ressources pour participer à la vie sociale) et des discriminations. Parmi les questions abordées, l'enquête traite non seulement des trajectoires familiales, scolaires, professionnelles, résidentielles, migratoires, mais aussi de la religion et du rapport aux « origines ». Dans ce cadre les personnes sont interrogées sur la couleur de leur peau (perçue par les autres et auto-définie), leurs origines familiales et les différentes formes de leur identité sociale (de genre, sexuelle, sociale, générationnelle, locale,...). Ce sont ces questions qui ont créé la polémique, au point de déclencher une offensive qui confine à la censure. Au nom de la défense des « principes républicains », SOS-Racisme, relayée par trois chercheurs de l’INED dans une tribune publiée par le journal « Le Monde » , entend intervenir sur le contenu de l'enquête, voire en interdire purement et simplement la réalisation. Un collectif de chercheurs en sciences sociales pense que cette polémique est d'une extrême gravité du point de vue de l'indépendance scientifique face à tous les pouvoirs (voir l’appel –dont nous sommes signataires- qu’ils ont fait paraître dans « Libération » : Article 1 et Article 2.

Le contenu d'une enquête est toujours discutable et doit être discuté. Dans le cas de TeO, un groupe de travail réunissant 15 chercheur-e-s s'est réuni pendant deux ans pour élaborer le questionnaire avec toutes les limites de l'exercice. Le résultat est le produit de choix qui peuvent ne pas être partagés, et aussi de compromis pragmatiques. Que ces choix et compromis soient analysés et critiqués une fois l'enquête finie et exploitée est nécessaire. C'est le débat scientifique. Mais qu'une association antiraciste, appuyée par des chercheurs, se mette en situation de contrôle d'une enquête alors même que ses concepteurs ont maintenu son indépendance face aux tutelles gouvernementales inaugure une nouvelle ère. Le climat politique confus qui s’annonce (cf. la décision du Conseil Constitutionnel relative à la loi sur l’immigration, qui autorise les tests ADN mais interdit les « statistiques ethniques ») réclame plus que jamais de construire des éléments de référence pour le débat public. La stigmatisation de l'immigration, le recul sensible sur le terrain de la lutte contre les discriminations (sous couvert d'arrêter la victimisation et la « repentance »), l'accroissement du contrôle politique sur les recherches exigent des chercheurs une vigilance et une mobilisation accrues.

Vous pouvez apporter votre soutien à notre initiative en signant l’appel publié par Libération. Pour cela, il vous suffit d’indiquer, par retour de courrier électronique à fougere@ensae.fr, votre accord et vos coordonnées sous la simple forme : nom, économiste ou sociologue, institution (par exemple : Denis Fougère, économiste, CNRS, Ecole Polytechnique, Paris). La liste des signataires sera bientôt actualisée.

Parmi les derniers signataires, figurent les noms d’économistes comme David Card (Berkeley), Richard Freeman (Harvard), Jim Heckman (Chicago), Thierry Magnac (Toulouse), Gerard van den Berg (Amsterdam), Klaus Zimmermann (Bonn) et de sociologues comme Richard Alba (Suny), Tom Cook (Northwestern), Douglas Massey (Princeton) et Marta Tienda (Princeton).

Enfin, n’hésitez pas à diffuser notre appel autour de vous.

Amicalement,

Patrick Simon (INED) et Denis Fougère (CNRS, CREST-INSEE, CEPR et IZA)

Enfin, un article (une partie, le reste est ici) dans le journal leMonde.fr de François Héran, directeur de l'Institut National d'Études démographiques.

En 2008, l'Insee et l'INED vont réaliser une grande enquête sur la diversité des populations en France. Cette enquête est au coeur d'une polémique née de malentendus et d'inquiétudes que je voudrais lever.

En posant des questions sur la religion et la couleur de la peau dans une enquête sur l'intégration et la discrimination, l'Insee et l'INED se sont-ils engouffrés dans la brèche des "statistiques ethniques" qu'aurait ouverte la loi Hortefeux ? Menacent-ils ainsi de "saper les fondements de la République" ?

Je rappellerai d'abord nos principes. En matière de données sensibles, y compris celles qui feraient apparaître les "origines raciales ou ethniques" (selon les termes du législateur), l'Insee et l'INED respectent les lois de 1978 et 2004, ainsi que la jurisprudence de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) et du CNIS (Conseil national de l'information statistique). Nous distinguons quatre niveaux de connaissance. Dans les fichiers nominatifs des administrations ou des entreprises, l'enregistrement de données sur les origines est prohibé.

Au second niveau, se trouvent le recensement et les enquêtes généralistes, qui sont exploités de façon anonyme. Des questions sur les trajectoires migratoires et nationales des personnes y sont posées : pays de naissance et nationalité, y compris antérieure.

Le troisième niveau remonte d'une génération en demandant le pays de naissance des parents ; c'est celui des enquêtes emploi, famille, formation-qualification, qui permettent de mesurer l'accès des descendants d'immigrés à l'emploi ou à la mobilité sociale et professionnelle.

Reste un quatrième niveau, réservé à des enquêtes spécialisées sur des sujets sensibles. Cela inclut l'étude des discriminations selon l'origine, qui nécessite de décrire les caractéristiques en relation avec les discriminations, y compris l'apparence physique. Pour réaliser ces enquêtes, il importe de répondre à une demande sociale forte, de recevoir l'aval de la Halde, de laisser l'entière liberté de réponse, d'empêcher scrupuleusement l'identification des répondants.

Par ailleurs, l'exploitation de ces enquêtes ne doit pas donner lieu à la construction d'un "référentiel ethno-racial", c'est-à-dire une nomenclature officielle des origines. Autant de critères respectés par notre projet d'enquête et conformes aux recommandations de la CNIL. Notre enquête ne fiche personne : c'est un sondage aléatoire et anonyme. Elle use au maximum de questions ouvertes et ne s'inscrit dans aucune série régulière.

Levons ici deux contresens. Nous n'avons ni suivi ni devancé la loi Hortefeux : le calendrier de l'enquête est indépendant de cette loi. Par ailleurs, la modification de la loi informatique et libertés n'a pas légalisé "les statistiques ethniques", elle n'a fait qu'entériner la jurisprudence de la CNIL en renforçant l'encadrement des "études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l'intégration". Désormais, toute étude devra obtenir l'autorisation préalable de la CNIL, qui pourra saisir un comité spécial, comme pour les enquêtes de santé.

le reste est ici.

Anecdote, entendue au cours d'un repas mondain, avec l'aimable participation d'un professeur de fac, littéraire. J'ai eu du mal (mais j'y suis arrivé) à garder mon calme... :

Les stats, on voit bien qu'il y a des domaines où elles ne valent rien (exemple donné des sondages). D'autre part, les comportements humains ne sont pas modélisables. En fait, je pense même que les statistiques ne sont pas une science. En tout cas, elle ne valent pas mieux que l'Histoire.

Ou comment remettre en cause, par le simple bon sens, la notion de loi (statistique en général, LGN etc...), d'estimateur, de biais, d'intervalle de confiance et tout le reste. Plus simplement : comment nier la démarche scientifique de façon non scientifique. Ça ne vous rappelle rien ?

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